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La domination féminine ou l'hystérocratie (sociologie)

Description

La loi et le Père. Le phallus et l'autorité. La domination féminine et l'hystérocrate.


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Misandrie ordinaire

Repères entre les hommes et les femmes.A qui profite la confusion des sexes?Libération de la femme et consommation?autorité et phallus.La loi et le père

 

Misandrie Ordinaire

 

 

 

Plaidoyer pour une journée des hommes


Aujourd'hui 8 mars, Journée des femmes (a). Dans les lignes suivantes je plaide pour la mise en place d'une Journée des hommes, consacrée à l’expression de leurs besoins propres, et les incluant dans les problématiques de l'égalité. Je passe en revue cinq thématiques aujourd'hui occultées. Les notes et références sont dans une page visible sur mon blog ou directement accessible en lien dans la numérotation.


 A écouter le discours féministe victimaire, les hommes sont parfait comme le dit John Goetelen non sans ironie dans son dernier livre « Féministes : Ras le bol ! » (b). Selon le discours officiel, ils ne sont jamais victimes de violences, jamais abusés, jamais victimes de sexisme ou de discrimination ce qui se traduit par un centrage sur les problématiques féminines délaissant celles des hommes.

Selon certaines féministes l’homme est l'ennemi politique à abattre (c) ce qui implique que l'égalité est loin d'être acquise. Certains groupes se réclamant de gauche s'attachent à tout faire pour qu'elle ne le soit pas en écrasant les revendications légitimes des hommes soit en les diabolisant soit en justifiant les comportements leurs portant atteinte [1].

Une journée des hommes : pourquoi ?

Une journée des hommes ne s’opposera pas à celle des femmes parce ce que ce sont deux dynamiques différentes mais avec la même motivation : consacrer une journée par an à la mise en exergue des problèmes liées aux hommes ou aux femmes.

Cette journée dédiée aux hommes sera l’occasion d’utiliser un discours différent de celui de culpabilisation actuel. Les problématiques mises en exergues seront la santé avec des opérations de sensibilisation à une approche préventive des risques de santé, la paternité et le lien père – enfant et la mise en valeur des hommes dans leurs caractéristiques propres.

En donnant une journée aux hommes, on donne aussi un espace de parole à ceux qui n'en n'ont plus évitant le piège de l'extrémisme dans lequel se réfugient les hommes en colère, discriminés, bafoués. On considère ainsi que la voix d'un homme vaut autant que celle d'une femme face à la souffrance ouvrant la porte sur une vraie égalité de droit.

Cette égalité de droit n’est pour l’instant pas obtenue car il existe encore des traitements différentiels à l’encontre des hommes comme dans le cas des violences. De plus, l’approche actuelle qui consiste à voir tout en machisme chez l’homme nuit dramatiquement à la compréhension des problèmes de santé chez les hommes, l’échec scolaire chez les garçons ou encore les violences dont ils sont victimes pour ne citer que ces points.


Les violences faites aux hommes

Les violences faites aux hommes sont actuellement méconnues, occultées ou niées (d).

Le rapport de la fondation Terra Nova réduit la lutte contre les violences à sa proposition 15 "lutte contre toutes les violences faites aux femmes" [2]. Cette proposition placée sous l'angle exclusif de la condition féminine n'aborde pas le problème des victimes masculines et plus largement de la condition masculine : ignorance ou omission ?

La question se pose face à l'omerta sur le sujet car la démonstration de l’existence d’une discrimination dans les statistiques n'est plus à faire (e). En France, il aura fallu attendre 2007 pour que l'on voie apparaître dans les statistiques de l'ONDRP la notion d'homme victime de violence au sein du ménage. Les chiffres 2011 parlent d'eux mêmes : il y a 60 000 hommes battus par leur conjointe (130 000 pour les femmes) avec une conclusion de l'ONDRP inattendue : « Cette évolution récente peut, si elle se confirme lors de la prochaine enquête "cadre de vie et sécurité", modifier la perception qu'on pouvait avoir, au regard des résultats des enquêtes précédentes, de la fréquence des violences physiques ou sexuelles au sein du ménage subies par les hommes » [3].

 Un biais évident dans la facon de considérer les hommes et les femmes victimes et violent(e)s

Les méthodes de comptabilisation ne sont pas exemptes d’idéologie ni de carence dans la prise d’information. La plupart des chiffres sont extrapolés de statistique de terrain. Les chiffres de la police (Etat 4001) ne font pas de distinction sexuée ni sur le milieu (intra / extra familial) du délit. Ceux de la gendarmerie font une distinction sexuée mais se contentent de prendre en compte le sexe de la victime seulement si c’est une femme. Les études anglo-saxonnes utilisent les « CTS »pour « Conflict Tactics Scales ». Cette approche permet une catégorisation stricte des situations de conflit de couple et de hiérarchiser les violences subies de manière objective tenant compte de toutes les configurations. Elles et ont mis en exergue une part d'homme et de femme victime oscillant entre 40% et 60% [4].

En France, cette omerta continue grâce à la complicité de structure comme l'INED [5] qui abrite Maryse Jaspard, misandre notoire habituée à l'oblitération des chiffres [6] qui est la directrice (scientifique) de l'ENVEFF dont les conclusions ont été démenties ([7], [8]).

Il faut donc sur ce sujet multiplier les études incluant des échantillons similaires d'hommes et de femmes, mais aussi développer des services d'écoute pour les hommes, les prendre en compte dans les campagnes de prévention mais aussi dans la loi du 9 juillet, et déconstruire les stéréotypes sexistes et misandre. Un angle d'attaque pour comprendre le phénomène pourrait être la sidération psychique d'un homme face à une femme, sidération psychique si chère aux féministes pour expliquer le viol.

En regard de ce qui se fait pour les femmes dans la prévention des violences, la France a trente ans de retard pour les hommes [9]. La violence conjugale n'est qu'une face, mais emblématique de la violence dont les hommes peuvent être victimes.

Une autre face : les fausses accusations d'abus sexuels portées à l'encontre des pères et des hommes. Elles se chiffrent par centaines voire par milliers. Actuellement et parmi bien d’autres, c'est Fabrice Zakzek qui a des déboires avec la justice pour une fausse accusation de viol portée par son ex-femme. Il est très difficile d’évaluer précisément ce phénomène (f) et c’est pourquoi John Goetelen, un ex-accusé blanchi, a mis sur pied un projet d’étude afin d’étudier la prévalence de ce phénomène dans l’espace francophone France, Suisse, Québec : AIFA (Allégations Infondées Fausses Accusations) [10]. Il a raconté son calvaire dans un ouvrage : La femme est-elle vraiment l’avenir de l’homme ? John Goetelen, Osez dire.

C’est d’autant plus dramatique pour les hommes concernés que les poursuites pour dénonciation calomnieuse n’aboutissent pratiquement jamais. On arrive donc à l’équation inique posée par le courant féministe victimaire, sanctuarisant la parole féminine : un acte dénoncé = un acte vrai. Un brouillage délibéré des lignes (g). Un exemple marquant est cette histoire où l'homme voulant dénoncer les coups de sa femme se retrouve en garde à vue sur fausse dénonciation de celle – ci. Ce type d'histoire n'est pas unique [11].

A ce point de l’article, ce sujet des violences qu’elles soient ponctuelles mais fréquentes ou systémiques est loin d’être épuisé sans même entrer dans le tabou social de la violence des femmes.


Les garçons en situation difficile

Cette lutte contre les violences englobe celles subies durant l'enfance par des contrevenantes féminines ou contrevenants masculins : violences et cruautés psychologiques, mauvais traitements émotifs, violences physiques. Dans ces catégories, les statistiques montrent qu'il y a une proportion significative de femmes en regard des hommes (61% venant des mères biologiques et 38% venant des pères biologiques [12]). Les contrevenants masculins ayant une contribution significative et supérieure à celle des femmes dans les crimes sexuels et violence physique envers les garçons. Il y a dix fois plus de suicides chez les hommes victimes d'incestes. Selon la présidente, Isabelle Aubry, de l'association internationale des victimes de l'inceste, il restera très difficile de faire parler les hommes victimes tant qu'ils ne seront pas reconnus [13].

Autre problématique masculine fondamentale, celle des garçons dans l'éducation. Aujourd’hui sur 150 000 élèves qui quittent le système scolaire chaque année sans bac, 100 000 sont des garçons. « Le problème est d’autant plus important que l’échec scolaire des garçons français, supérieur à celui des filles […] génère les incivilités et violences qui gangrènent la vie quotidienne des établissements scolaires. » [14]

Un problème de méthode mais pas que. Stéphane Clerget évoque comme cause « principale un corps enseignant majoritairement féminin, surtout dans le primaire et au collège. Les garçons ont du mal à s'identifier à des « sujets supposés savoir » féminins. » [16]

Plus inquiétant encore, une récente étude prétend montrer « que les écoliers britanniques ont de moins bons résultats que les écolières si ils savent qu'ils seront notés par des institutrices, parce qu’ils intègrent le fait qu'alors, leurs résultats seront moins bons. S'ils ne savent si leur travail sera noté par un homme ou une femme, alors leurs résultats sont meilleurs. (Enquête du Centre for Economic Performance, London School of Economics). Il est probable qu'une telle étude conduite en France produirait des résultats comparables. » et l’auteur de l’article conclue en affirmant la nécessité d’embaucher des hommes dans les écoles voire en puériculture [14].

A cela il faut rajouter les discriminations comme le relate Doris Lessing [17] lors d'une visite de classe où l’institutrice y expliquait que les guerres avaient pour cause la violence innée des hommes : « On pouvait voir les petites filles gonflées d’autosatisfaction et de suffisance alors que les petits garçons étaient assis là tout recroquevillés, s’excusant d’exister ». Ce type de propos violent et misandre déforme dès la jeunesse l'image qu'un garçon peut avoir de lui ne permettant plus de lutter contre les stéréotypes sexistes.


Une image négative des hommes

Ces stéréotypes sexistes que l’ont dit vouloir abattre grève l’image des hommes et cela se repend à tout niveau jusqu’aux institutions comme l’INED (h). Au delà de l’image stéréotypée de l’homme bourreau et de la femme victime, un vrai sexisme anti-homme s’est développé comme cela a été démontré par Patrick Guillot dans son livre : Misandrie : Histoire et actualité du sexisme anti – homme ou dans d’autres articles : Le sexisme se réduit-il à l’aversion pour les femmes ? [18], Le sexisme au masculin : L’homme rapaillé[19]

Ce sexisme s’attaque aux caractéristiques habituelles de la masculinité, la critique systématique de toute tentative de valorisation par les hommes de leurs spécificités, et parallèlement la valorisation sans retenue des caractéristiques spécifiques de la féminité. Ce sexisme endémique va jusqu’à attaquer l’identité sexuelle et physiologiques des hommes au travers de propos comme ceux de Peggy Sastre : « […] c'est que tout homme est un violeur en puissance, qu'il faut juste quelques circonstances […] pour que tout bascule. ». De tels propos qui ne sont rien d’autre qu’une condamnation identitaire des hommes ne soulèvent pas d’indignation.

Les médias ont une immense part de responsabilité dans la propagation d’idées reçues négative à l’encontre des hommes comme le montre Olivier Kaetslé [20] – [21] – [22]. La discrimination à l’encontre des hommes victimes de violences conjugales prend sa source dans un sexisme systémique comme expliqué précédemment et cela se traduit par des campagnes comme celle diffusée par Amnesty international [23] qui se base sur un chiffre de 20% de victimes femmes alors que l’étude montre qu’il y en a 14.9% et 10.5% de victimes masculines d’une violence féminine.


Paternité

La paternité n’est pas reste puisque là aussi le sexisme frappe fort à la fois dans la conception de la paternité mais aussi dans les décisions de justice (garde non partagée où les hommes ont des raisons de se plaindre ou sur d’autres sujets [24] [25] [26] [27], fausses accusations). Il est quand même à noter un basculement mettant en valeur les relations père – enfants au cinéma (Super 8, Voyage au centre de la Terre 2, Extrêmement fort et Incroyablement près, Real Steal).

Actuellement 65 % à 85 % des demandes de divorce sont faites par les femmes ; 72 % à 92 % (dépendant des pays) des enfants du divorce sont sous la garde exclusive des mères, souvent sans droit de visite de leur père [15]. Ces pertes de repères masculins alarment les pédopsychiatres sur le devenir de certains jeunes garçons (absence ou renoncement du père, volonté de toute puissance de la mère parfois, suite à une séparation dans 60% des cas le ou les enfants ne reverront plus leur père car le conflit avec la mère est trop aigu et que le père se résigne) [28].

Afin de faire réinvestir le champ de la petite enfance, « il faut dès l’école maternelle (et pourquoi pas aussi dans les crèches), renforcer la part des hommes. Ainsi, le think tank Terra Nova rappelle-t-il que "l'univers de la petite enfance continue à être fortement marqué par la prédominance de la mère, jusque dans l'organisation et l'appellation de ses structures".

Remplaçons donc "école maternelle" par "école élémentaire", et appelons l’actuelle "école élémentaire", "école primaire ». Le mot "maternelle" souligne trop que nous sommes dans "une période de la vie où le rôle du père est considéré comme secondaire" (Terra Nova, rapport de juin 2011) [14]. » Cela doit aussi passer par la mise en place de la garde alternée.


La santé à deux vitesses

Les statistiques de santé restent alarmantes puisque sous la promotion débridée des problèmes féminins se cachent une réalité masculine bien curieusement jamais évoquée : l'espérance de vie des hommes est inférieure à celle des femmes dans un grand nombre de pays pour n'évoquer que celle - ci.

En France métropolitaine, les chiffres des cancers sont les suivant : chez l’homme, en 2010, on estime à 203 100 le nombre de nouveaux diagnostics de cancer (incidence) en France métropolitaine. Ce chiffre est de 154 600 chez les femmes. Le nombre de décès par cancer est estimé à 84 700 chez les hommes et 62 100 chez les femmes.

Dès 1979, la recherche médicale sur les femmes dépasse celle des hommes. Vers 1990, on dépense 3 fois plus pour le cancer du sein que pour celui de la prostate. Les chercheusEs, représentent 63% du total (et les chercheurs 37%). Dans le budget du National Institute of Health, on a 9,7% des dépenses pour les femmes uniquement, 4,5% pour les hommes et le reste mixte. Enfin, sur les 906 000 personnes testées pour de nouveaux médicaments, 61% sont des femmes. Marianne J. Legato, médecin américaine de renommée mondiale est une des fondatrices des études médicales spécifiques aux femmes dans les années 1980. Depuis 2001, elle applique les mêmes méthodes aux hommes et dénonce l’absence de prise en charge des hommes dans leurs spécificités [29].

Plusieurs rapports démontrent que les services de santé ne sont pas ou plus adaptés aux besoins spécifiques des hommes. Ces rapports qui convergent viennent du Québec [30], d'Australie [31] et plus récemment de France par le rapport de Terra Nova (reconnaissons leurs quelques mérites) [2]. Un effort doit être mis sur la prévention contre le suicide et en sensibilisant à la nécessité de faire des visites médicales régulières. Dans le même temps, il est nécessaire d'étudier plus en profondeur le masculin en abandonnant les stéréotypes sexués qui peuvent être véhiculé dans le milieu médical et paramédical.

La journée des hommes : tout est déjà en place

Une telle journée existe déjà et a été inauguré en 1999 à Trinité-et-Tobago [32], [33]. Son créateur est le Dr. Jérôme Teelucksingh. L’initiative a été soutenu moralement par les Nations unies, les réactions positives et à haut niveau ne se sont pas fait attendre : Mme Ingeborg Breines s'exprimant au nom de l'UNESCO « C'est une excellente idée et donnerait un certain équilibre entre les sexes. » ajoutant que l'UNESCO a hâte de collaborer avec les organisateurs de l'IMD.

 Cette journée qui a plusieurs objectifs (i) est célébrée tous les 19 novembre avec chaque année un thème différent comme la paix en 2002, la santé des hommes en 2003, la guérison et le pardon en 2007 et en 2011 "donner aux garçons le meilleur départ possible dans la vie".

La Journée des hommes a un énorme contenu potentiel. Il appartient aux pouvoirs publics de l’ajouter à l’agenda social et de lui donner toute l’ampleur qu’elle mérite.

En attendant, c’est la Journée des femmes, alors célébrons celles qui de loin ou de près ont aidé les hommes dans leurs combats :

 

Les engagées :

Sylvianne Spitzer, psychologue, criminologue, spécialisée en victimologie. Elle travaille en libéral et effectue de la recherche en criminologie. Elle s’intéresse dans un premier temps aux motivations des jeux dangereux chez les enfants. Elle a fait partie et est intervenue dans plusieurs associations de prévention sur ce sujet. Le constat de l'influence de la parole des femmes dans les motivations de certains passages à l'acte violents, l'a amené à se pencher sur les violences exercées par les femmes, sujet peu étudié. Confrontée à la pauvreté des réponses apportées aux victimes de la violence des femmes, elle décide de proposer une action plus spécialisée envers les victimes les plus oubliées : les hommes. En Appliquant sa spécialisation en profilage criminel au cadre des violences intra-couples, elle tente de dresser le profil des hommes victimes et des femmes agresseuses afin d'orienter au mieux les futurs axes de prévention et les prises en charge tant sociales que politiques.

Lise Bilodeau : militante québécoise. Elle fonde en 1999 l’Action des nouvelles conjointes du Québec (ANCQ), laquelle entend lutter contre les pensions alimentaires abusives qui empoisonnent la vie des hommes divorcés et de leurs nouvelles épouses ; à travers de nombreuses interventions médiatiques, combat également pour la résidence alternée par défaut.

La courageuse :

Suzanne Steinmetz qui est une sociologue américaine. En 1980, elle mène avec deux autres sociologues, Murray Strauss et Richard Gelles, l’étude intitulée Derrière les portes closes (« behind closed doors ») : la violence dans les familles américaines, qui démontre que les deux sexes sont, de manière équivalente, à l’origine de ces violences. Dès lors, elle subit, avec sa famille, de nombreuses menaces de violence physique. On lui doit la formule devenue célèbre : "Le crime le plus sous-estimé n’est pas la femme battue, mais le mari battu."

Les féministes authentiques :

Erin Pizzey (1939- ) : écrivaine anglaise très intéressée par la condition féminine, mais hors idéologie ; elle ouvre en 1971, à Chiswick, le premier centre pour femmes victimes de violences conjugales. Dix ans plus tard, après avoir reçu cinq mille femmes et perdu beaucoup d’illusions, elle raconte son expérience dans Prone to violence (Enclin à la violence, 1982). Elle y fait plusieurs constats politiquement incorrects : la moitié des femmes venues dans ce centre sont elles-mêmes violentes ; leur misère est exploitée par des encadrantes sexistes qui les poussent à la haine des hommes en général ; la violence conjugale est devenue une industrie dotée de budgets énormes que des groupes idéologiques essaient de capter à leur profit. La publication de ce livre déclenche contre elle une véritable hystérie, au point qu’elle a besoin d’une protection policière pour en faire la promotion. Il devient un livre maudit : jamais traduit en français, et accessible seulement dans quelques bibliothèques du monde. Elle continue, dans des articles, à démonter et à dénoncer les mécanismes de l’idéologie misandre.

Marcela Iacub (1964- ) : juriste d’origine argentine vivant en France, auteure de nombreux ouvrages non-conformistes. Elle prend position contre la loi paritaire de 2000. Avec le sociologue Hervé Le Bras, elle publie en 2003 une réfutation de l’enquête-bidon ENVEFF sur la violence conjugale. En 2005, elle propose un "statut de géniteur sous X", permettant aux hommes de refuser la responsabilité d’une naissance non-désirée. En 2007, elle déclare à propos des hommes : " il me paraît très important qu’ils se réunissent, comme les femmes l’ont fait jadis, pour revendiquer des droits et penser leur destin en tant que groupe." [Elle a récemment commis "Une société de violeur ?" et qui analyse finement le féminisme radical devenu aujourd'hui majoritaire, ndlr]

Elisabeth Badinter : féministe historique, écrivaine française, prend position dès 2000 contre la première loi paritaire ; publie en 2003 Fausse route, remarquable travail de déconstruction de la misandrie victimaire.


Et puis toutes les autres : Annie Duperey, Anne C. Cools (1943-), Geneviève Delaisi de Parseval (1940- ), Diane Drory, Caroline Eliacheff, Christina Hoff Sommers (1950- ), Doris Lessing, Virginie Madeira, Jacqueline Kelen, Christiane Olivier, Anne Poiret, Natacha Polony (1975- ), Marie-Monique Robin (1960- ), Evelyne Sullerot (1924- ), Sophie Torrent, Hélène Vecchiali dont nous pouvons consulter leurs apports à la condition masculinesur le site de la cause des hommes et pour certaines lire ce qu'elles constatent à propos de la misandrie.

 

Bertrand Nash Russel

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/plaidoyer-pour-une-journee-des-111859


Posted: 02:36, 10/3/2012 sur Les hommes
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Mèreversion et néo-sujet

Repères entre les hommes et les femmes.

A qui profite la confusion des sexes?

Libération de la femme et consommation?

Autorité et phallus.

La loi et le père

 

                                                            
 

                  Mèreversion et Néosujet

 

 



Jean-Pierre Lebrun

 

La Perversion ordinaire - Vivre ensemble sans autrui
Denoël 2007 / 25 € / 436 pages
ISBN : 978-2-207-25924-5
FORMAT : 14,0cm x 22,5cm

 

"Sommes-nous en train de devenir pervers, se demande alors Jean-Pierre Lebrun ? Question cruciale que pose le livre. Pas structurellement, dit-il. «Ce n’est pas parce que des sujets participent à une économie perverse qu'ils sont eux-mêmes pervers, au sens où ils relèveraient de la structure perverse.» Il invente un mot, celui de mèreversion pour caractériser cette perversion ordinaire. Le tableau clinique du néo-sujet est celui d'un sujet resté enfant de la mère. Expliquons un peu.

En règle générale, l'enfant est en rapport avec la mère, celle-ci étant son premier autre («autre même»), la première personne qui occupe pour lui la scène de l'Autre. C'est dans un deuxième temps que vient le rapport au père (un «autre autre»). Il faut en passer par cet «autre autre» pour poser correctement l'altérité, car il ne suffit pas d'avoir eu affaire à la mère pour vraiment prendre la mesure de ce qu'est l'autre. C'est en cela que ce passage d'un premier autre à un second est le marchepied incontournable pour accéder à la vie en société. Sans cela, le sujet se retrouve à démentir à la soustraction de jouissance, et à s'enfermer dans la croyance qu'il y a moyen de ne pas se servir de l'instance paternelle (donc de l’autorité). En restant seulement enfant de sa mère, le néo-sujet pratique le démenti pour éviter la subjectivation ; le vrai pervers, lui, fait du démenti son mode même de subjectivation, lequel lui permet d'annihiler l'altérité de l'autre en l'instrumentant. Cependant, le néo-sujet et le pervers ont en commun d'importantes proximités de fonctionnement, nous dit Lebrun. Nous avons bien affaire avec le démenti chez les néo-sujets à un mécanisme pervers dans la mesure où il agit dans la perversion, mais sans pour autant que ne se soit structurée nécessairement une perversion chez le sujet qui l'utilise. Du côté de la perversion, une structure, du côté du néo-sujet, un évitement, voire un refus de structuration. Tout se passe comme si le double discours actuel du social, proposant de jouir sans entrave tout en sachant en même temps que la limite à la jouissance est toujours nécessaire, invitait le sujet à soutenir le maintien de deux possibilités contradictoires face à une perception. Nous n’avons pas affaire à un Nom-du-Père forclos (entraînant la psychose), ni à un père faible (hystérie), ni non plus à un père auquel la mère fait la loi (perversion stricte) mais plutôt en ce temps de perversion ordinaire, à un père repoussé dans les marges, toujours bel et bien là mais inopérant, désavoué, comme sans voix."

Dans son nouvel ouvrage, Jean-Pierre Lebrun, psychiatre et psychanalyste, ancien président de l’Association freudienne internationale, auteur de nombreux ouvrages, dont Un monde sans limite et L’Homme sans gravité en collaboration avec Charles Melman, s'interroge sur les changements qui, en quelques années aussi bien dans le droit, la médecine, l'éducation, la culture, l'économie, la sexualité, ont émergé dans la société occidentale. Certains philosophes, romanciers, essayistes, ou psychanalystes n'ont pas manqué de les relever. Citons pêle-mêle On achève bien les hommes et L'Art de réduire les têtes de Dany-Robert Dufour, L'Enseignement de l'ignorance et Impasse Adam Smith de Jean-Claude Michéa, L'Homme économique de Christian Laval, sans oublier les essais drolatiques de Philippe Muray (L'Empire du bien, Exorcismes spirituels). D'autres ont exulté à leur apparition, pensant que la société postmoderne était en bonne santé physique et mentale. D'autres s'en inquiètent comme Jean-Pierre Lebrun. Qu'en est-il ?

La Perversion ordinaire débute par une introduction consacrée à la crise de la légitimité qui caractérise la société actuelle. La suite contient deux parties : une première, comprenant quatre chapitres, aborde le volet sociétal de la question, autrement dit la description et l'analyse des changements qui ont conduit à une véritable mutation du lien social ; une seconde, recouvrant quatre autres chapitres, décrit les effets de ces changements sur la subjectivité. Un chapitre central met en évidence la place stratégique de l'éducation, lieu par excellence où se nouent lien social et subjectivité. La conclusion évoque la nouvelle responsabilité du sujet dans cette société postmoderne.

Voilà en tout cas un livre qui devrait apporter quelques lumières aux personnes en plein désarroi, un livre qui fait donc sens. Pour cela, Jean-Pierre Lebrun revient aux bases de l'humanisation. Tentons de le résumer pour en comprendre l’importance car le livre explique quelques notions de base en psychologie.

Pour être homme, pour accéder au langage, il faut perdre notre rapport immédiat et animal au monde et aux objets, renoncer à la toute-puissance infantile, faire le deuil de cette soustraction de jouissance, de ce moindre-jouir (à ne pas confondre avec l'acception usuelle de "plaisir que l'on goûte pleinement"). Parler signifie donc que je consens au vide, à la perte, à la négativité, nous dit Lebrun. C'est ce que les psychanalystes appellent la «castration». Tout sujet doit effectuer cette subjectivation pour soutenir la division entre jouissance et désir. La différence entre les deux est simple : par exemple, boire un vin peut être qualifié de plaisir mais l'alcoolisme emporte le sujet vers une jouissance mortifère. Le plaisir suppose l'intégration d'une limite, contrairement à la jouissance qui n'en suppose aucune. L'enfant, à ce stade, est d'abord ce que ses parents disent de lui. Puis en commençant à parler, en répétant les mots qu'il entend, il endosse ce qui est dit autour de lui et ce qui est dit de lui. Puis vient le stade du Non ! C'est à partir de sa propre position subjective qu'il soutiendra sa parole. En se réappropriant cette négativité, le sujet habituel trace sa propre voie. Il n'y arrive qu'après s'être autorisé à faire objection à l'Autre.

S’il en va un peu autrement de nos jours comme on va le voir, le social était auparavant organisé entre autres sur le modèle religieux. On reconnaissait l'existence d'une transcendance comme celle du roi, du chef, du père, du maître, du professeur... Vaille que vaille, ce moment reprenait la transmission du moins-de-jouir à une société construite autour de la place prévalente du père. Si cette dernière était critiquable, il n’était pas nécessaire de se débarrasser au passage de toute hiérarchie. De plus, cela n'abolit pas pour autant la différence des places prescrite par la structure du langage. Ce système ayant été ébranlé, tout se passe comme si nous nous étions affranchis non seulement de la nécessité d'avoir affaire à une transcendance concrète, mais de l'intérêt de conserver un quelconque transcendantal (extériorité). Or, pour se libérer des figures de l'autorité, il faut qu'on dispose d'un psychisme d'adulte. L'enfant n'est pas capable de se séparer d'une telle figure s'il ne l'a pas rencontrée auparavant. Il arrive toujours dans un monde déjà là avant lui et de ce fait sa dépendance initiale est inéluctable.

A la verticalité, au transcendant, à la vérité, on a opposé l’horizontalité, l’immanent, l'aléatoire : le relatif excessif. C'est toute la vie collective qui, de ce fait, a basculé. Elle ne se soutient plus d'un ordre préétabli qui transmet des règles, mais d'un «ordre» qui doit émerger des partenaires eux-mêmes. Comment concilier tous les avis différents ? Tout cela est-il même compatible avec l'idée même d'éducation ? Comment un enseignant peut-il faire cours s'il ne dispose plus des conditions minimales pour assurer son enseignement ? Dans un tel régime, l'autofondation et l'individualisme sont prévalents. C’est ce monde sans limites qui est actuellement promu, un monde où toute autorité (dieu, père, professeur, etc.) est battue en brèche car elle limite la toute puissance infantile et prétend se passer du manque fondateur. «Nous pensons, quant à nous, qu'une telle économie subjective a effectivement toujours existé, mais que c'est sa prévalence et donc sa banalisation qui représentent aujourd'hui une essentielle nouveauté. Car à partir du moment où une telle économie devient dominante, cela vient bouleverser radicalement notre façon d'être au monde. Ce changement nous oblige à réviser toute notre conception de la normalité», écrit Lebrun. Et il emploie le terme de néo-sujet, reprenant aussi la formule de Charles Melman, «nouvelle économie psychique», pour désigner le régime sur lequel vit le néo-sujet.

Pour Lebrun, nous passons d’un système consistant et incomplet (hiérarchique et prenant en compte le manque fondateur) à un système complet et inconsistant (sans place pour la négativité). Renversement radical. C’est à une mutation du lien social qu’on assiste, mutation provoquée par la conjonction de trois forces : le discours de la science, la dérive de la démocratie en démocratisme et le développement du libéralisme économique débridé. Un changement qui entraîne l'éviction de ce qui installait une possibilité d'articulation entre le tous et le singulier. Mais aussi entre ce que l'on consent à perdre pour le tous et ce que l'on soutient de sa singularité. Car c'est en reconnaissant l'existence de cette articulation que l'on peut à la fois et en même temps être membre d'un groupe social et pouvoir être reconnu dans ce que l'on a de singulier. Nous avons affaire à des individus devenus adultes sans avoir été obligés de quitter l'enfance et sans même le savoir. C’est l’enfant généralisé. Faire de l'enfant un roi ou le traiter comme un adulte, c'est l'empêcher de devenir responsable. Pour la première fois dans l'Histoire, la famille protège ses enfants de la société !

Pour Lebrun, dans cet «ordre», le symbolique ne peut plus appréhender le réel, un réel devenu source d'injustice, comme un traumatisme qu'il faut réparer de toute urgence. Les répercutions sont nombreuses comme l’abolition de toute différence, y compris la différence générationnelle, mais aussi la phobie scolaire, les procès en tous genres, l’homoparentalité puisqu’il s’agit non seulement de tout égaliser mais d’accepter les revendications égotistes pour que chacun accède à sa toute-jouissance. L'inégalité était une donne de départ, comme allant de soi, donne qu'il fallait transformer. Nos démocraties posent d'emblée l'universalité du principe d'égalité. C’est ce que Lebrun appelle le démocratisme, conception de la démocratie qui fait l'impasse sur la reconnaissance de la perte, de la soustraction de jouissance et où chacun peut faire ce qu'il veut.

Sommes-nous en train de devenir pervers, se demande alors Jean-Pierre Lebrun ? Question cruciale que pose le livre. Pas structurellement, dit-il. «Ce n’est pas parce que des sujets participent à une économie perverse qu'ils sont eux-mêmes pervers, au sens où ils relèveraient de la structure perverse.» Il invente un mot, celui de mèreversion pour caractériser cette perversion ordinaire. Le tableau clinique du néo-sujet est celui d'un sujet resté enfant de la mère. Expliquons un peu.

En règle générale, l'enfant est en rapport avec la mère, celle-ci étant son premier autre («autre même»), la première personne qui occupe pour lui la scène de l'Autre. C'est dans un deuxième temps que vient le rapport au père (un «autre autre»). Il faut en passer par cet «autre autre» pour poser correctement l'altérité, car il ne suffit pas d'avoir eu affaire à la mère pour vraiment prendre la mesure de ce qu'est l'autre. C'est en cela que ce passage d'un premier autre à un second est le marchepied incontournable pour accéder à la vie en société. Sans cela, le sujet se retrouve à démentir à la soustraction de jouissance, et à s'enfermer dans la croyance qu'il y a moyen de ne pas se servir de l'instance paternelle (donc de l’autorité). En restant seulement enfant de sa mère, le néo-sujet pratique le démenti pour éviter la subjectivation ; le vrai pervers, lui, fait du démenti son mode même de subjectivation, lequel lui permet d'annihiler l'altérité de l'autre en l'instrumentant. Cependant, le néo-sujet et le pervers ont en commun d'importantes proximités de fonctionnement, nous dit Lebrun. Nous avons bien affaire avec le démenti chez les néo-sujets à un mécanisme pervers dans la mesure où il agit dans la perversion, mais sans pour autant que ne se soit structurée nécessairement une perversion chez le sujet qui l'utilise. Du côté de la perversion, une structure, du côté du néo-sujet, un évitement, voire un refus de structuration. Tout se passe comme si le double discours actuel du social, proposant de jouir sans entrave tout en sachant en même temps que la limite à la jouissance est toujours nécessaire, invitait le sujet à soutenir le maintien de deux possibilités contradictoires face à une perception. Nous n’avons pas affaire à un Nom-du-Père forclos (entraînant la psychose), ni à un père faible (hystérie), ni non plus à un père auquel la mère fait la loi (perversion stricte) mais plutôt en ce temps de perversion ordinaire, à un père repoussé dans les marges, toujours bel et bien là mais
inopérant, désavoué, comme sans voix.

Et l’on comprend mieux avec ce livre ce qui se passe tous les jours autour de nous. Le néo-sujet, faute d'un ancrage dans la négativité, est comme sans domicile fixe, en errance, nomade ouvert à tous vents, sans habitudes ni épaisseur, prêt à saisir quand il le peut l'opportunité qui se présente. Son caractère est imprévisible, sans orientation bien définie. Il se sentira comme invertébré, flexible, sans capacité critique, absorbant ce qui l'entoure comme une éponge et d'une plasticité ouverte à toutes les manipulations. Une invitation à ne plus se confronter aux avatars du désir et à préférer l'engluement dans la jouissance mortifère (intériorisation du néo-libéralisme économique, selon Marcel Gauchet) Toute une pathologie en découle, y compris de tirer à vue dans une rue à force d’avoir été désubjectivisé ou d'avoir recours sans arrêt à l'Etat pour résoudre son mal être...

Dans ce nouveau régime qui prône la toute jouissance, les sujets ignorent que ce qu'ils privilégient, c'est un mode de jouir où le lien à l'objet n'est plus médiatisé par le signifiant, le langage. L’objet devient l'organisateur de la jouissance. Faute d'avoir fait le travail de séparation que permet le langage, c'est alors l'addiction qui est au programme. Ce «besoin» d'être dans l'excès sert une logique de la sensation qui prévaut sur celle de la représentation. On comprend pourquoi le néo-libéralisme y trouve son compte. Lebrun emploie un néologisme pour caractériser ce phénomène, l'entousement, terme voulant dire pris dans la masse, pris dans le tous, grégarisés. À cet égard, il est faux de dire que nous vivons dans une société individualiste mais plutôt dans une société-troupeau, poussant l'individu à éviter sa division subjective, à troquer son trajet de subjectivation contre une appartenance à la masse : une individuation plutôt qu'une individualisation.

Ce livre dense et simple, même s'il demande une lecture soutenue à laquelle on parvient aisément, est ainsi à mettre entre toutes les mains pour commencer à saisir les mutations du monde contemporain.

Yannick Rolandeau
( Mis en ligne le 26/10/2007 )



Posted: 15:15, 7/12/2008
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